En 2025, la question de la rémunération des enseignants continue d’alimenter les débats. D’un côté, certains voient une stagnation des salaires, marquée par une légère augmentation qui peine à suivre l’inflation. De l’autre, des initiatives prometteuses émergent, promettant une revalorisation des carrières éducatives.
Le bras de fer se poursuit entre gouvernements et syndicats, chacun avançant ses priorités sur le terrain complexe de la rémunération. Pendant que certains pays investissent pour capter de nouveaux profils et fidéliser leurs enseignants expérimentés, d’autres peinent à réunir les fonds nécessaires. Cette inégalité grandissante met le projecteur sur la nécessité d’un changement en profondeur, capable de réduire les écarts et de restaurer la confiance dans la profession.
État des lieux de la rémunération des enseignants en 2025
En 2025, les enseignants n’en finissent pas de composer avec des salaires qui ne suivent pas toujours le rythme de l’inflation. Le rapport du réseau européen Eurydice est sans détour : entre 2015 et 2022, les salaires statutaires bruts à l’entrée dans le métier n’ont progressé que de 1,2 % en euros constants pour les professeurs des écoles et de 1,7 % pour les certifiés. Une hausse qui ne suffit pas à compenser la baisse du pouvoir d’achat ressentie au fil des années.
Comparatif international
Regardons au-delà de nos frontières. En 2022, le salaire effectif brut moyen des enseignants du primaire en France reste inférieur à celui observé en Allemagne, aux États-Unis et dans la plupart des pays nordiques, si l’on en croit l’OCDE. Ce constat alimente le sentiment, chez de nombreux enseignants français, de voir leurs efforts sous-évalués. Résultat : un malaise qui s’installe, nourri par la comparaison internationale et la frustration d’un métier dont la reconnaissance financière tarde à venir.
Érosion du pouvoir d’achat
Le constat s’aggrave sur la durée : entre 1990 et 2023, les salaires en fin de carrière ont reculé de plus de 10 % en euros constants, touchant tous les corps enseignants, qu’il s’agisse des professeurs des écoles, certifiés ou agrégés. La commission des finances dissèque régulièrement ces chiffres, révélant des failles structurelles qui pèsent sur le quotidien du monde éducatif.
Le sentiment d’insatisfaction gagne du terrain, comme en témoignent les chiffres suivants :
- 57 % des enseignants du premier degré considèrent le pouvoir d’achat comme un point noir de leur profession.
- 61 % des enseignants du second degré partagent ce constat.
Perspectives
La situation actuelle appelle à des réponses ambitieuses, capables de redonner de l’élan aux carrières éducatives. Il s’agit d’un enjeu de fond, avec des conséquences durables sur la qualité de l’enseignement et sur la capacité à motiver les équipes pédagogiques.
Les dispositifs de revalorisation salariale : impacts et limites
Face à l’inertie des salaires, plusieurs dispositifs de valorisation ont vu le jour ces dernières années. Le dispositif de préprofessionnalisation, porté par la loi pour une école de la confiance, propose aux étudiants une immersion concrète avant même le passage des concours. L’idée : permettre une première expérience pédagogique, accompagnée d’une rémunération partielle.
Parcours préparatoire au professorat des écoles (PPPE)
Le PPPE s’inscrit dans cette logique d’attraction des jeunes talents. Cette formation intégrée dès la licence, cumulable avec la préprofessionnalisation, offre des stages rémunérés. Un appui financier appréciable, mais dont la portée reste limitée par le nombre restreint de places et des démarches parfois lourdes.
Assistants d’éducation (AED)
Quant aux assistants d’éducation, ils bénéficient de nouvelles perspectives via le Master de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF). Ce cursus permet de poursuivre des études tout en continuant à travailler à temps partiel dans les établissements scolaires. Pourtant, la précarité persistante des conditions de travail et la charge élevée peuvent refroidir plus d’un candidat.
Pour mieux saisir les spécificités de chaque dispositif, voici les principaux points à retenir :
- Le dispositif de préprofessionnalisation permet d’acquérir une expérience concrète sur le terrain.
- Le PPPE offre une formation intégrée dès la licence, mais son accès reste limité.
- La voie des AED ouvre vers le MEEF, mais les conditions restent parfois difficiles.
Malgré leur valeur ajoutée, ces programmes affichent des limites. Les bénéficiaires sont encore trop peu nombreux au regard des besoins réels du secteur. Ces dispositifs représentent des avancées, mais aussi des étapes transitoires qui demandent à être renforcées. Une transformation plus profonde du système de rémunération s’impose pour répondre aux attentes et stabiliser la profession.
Perspectives d’évolution et enjeux futurs
L’avenir des salaires enseignants en 2025 dépendra largement de la capacité du ministère à rendre le métier attractif et à fidéliser les professionnels. Le nombre de candidats aux concours enseignants a reculé, provoquant une baisse du niveau de sélectivité et un nombre croissant de postes vacants. En 2022-2023, 2 902 enseignants démissionnaires ont été recensés, soit 0,3 % du corps enseignant, un signal qui ne trompe pas sur l’ampleur des défis à venir.
Pour répondre à ces difficultés, plusieurs pistes sont étudiées. Le ministère de l’éducation nationale met en avant le rôle de la réforme de la formation initiale pour expliquer les résultats de 2022, considérée comme une année charnière. La question de la charge de travail et des modalités de fin de carrière s’invite aussi dans les discussions, dans la perspective d’attirer et de retenir les meilleurs profils.
Un autre enjeu concerne les académies en tension, comme Créteil, Versailles ou la Guyane. Ces territoires nécessitent des mesures adaptées pour pallier les difficultés de recrutement et retenir les enseignants en poste. L’attribution de primes ou d’indemnités spécifiques fait partie des solutions envisagées.
Le partage plus équilibré des tâches administratives et pédagogiques reste un levier à activer pour alléger le quotidien des enseignants et rendre le métier plus séduisant. L’attractivité de la profession ne se joue pas uniquement sur la fiche de paie, mais aussi sur la qualité de vie au travail.
| Région | Nombre de démissions 2022-2023 |
|---|---|
| Créteil | 450 |
| Versailles | 300 |
| Guyane | 60 |
Au final, la question salariale ne peut être dissociée d’une réflexion plus large sur les conditions d’exercice et la reconnaissance du métier. Si l’ambition est de hisser la France au rang de ses voisins les plus avancés, il faudra oser des réformes à la hauteur de l’enjeu. Demain, le visage de l’école dépendra de notre capacité collective à valoriser ceux qui la font vivre.


